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HEALEY les maladies du bien.




mercredi 30 mai 2012

NEPAL Lumbini



Viennent tout juste de retentir les quatre coups de cloche de cette heure nocturne.
Assez vite et sans coup férir je me retrouve assailli par d'énormes difficultés à respirer.
C'est légèrement moins aigu que sur les hauteurs de Gorak Shep mais me reprend donc cette terrible sensation qu'on me comprime violemment les poumons.
Un sentiment d'incapacité quasi total à respirer normalement comme si quelqu'un de très pesant était assis sur ma poitrine et qui débouche sur une puissante accélération cardiaque des plus détestables.
Je tente de nouveau la technique de la respiration totale yogique mais cette fois j'ai l'impression que ça ne fonctionne pas vraiment.
Je dois maintenant franchement m'interroger sur le maintien de mon voyage vers Lumbini et envisager raisonnablement d'y renoncer.
Ne serait-il même pas -là tout de suite- nécessaire que je demande à ce que l'on me conduise à l'hôpital de Katmandou?
Il faut se rendre à l'évidence que mes symptômes ressemblent très étrangement à ceux d'un œdème pulmonaire!
Les deux longues heures qui me séparent de mon départ pour la frontière indienne vont être très difficiles et si je ne vais pas mieux à 6H il sera nécessaire de tout annuler et de courir aux urgences.
Il se trouve que je commence à aller un peu mieux tout juste sur cette heure butoir et qu'à raison ou à tort je décide de continuer mon périple.
Seule bonne résolution: si le moindre des symptômes re-pointe le bout de son nez alors je filerai vers l'hôpital le plus proche.
Allez! je me lance.
C'est donc parti pour les neuf heures chaotiques de bus avec de nouvelles connaissances à la clé.
Un jeune Népalais, une encore plus jeune Suédoise et un Espagnol.
Trois individus différents, trois parcours différents et trois enrichissements!
Le premier part rendre visite à sa famille, la seconde verse dans l'humanitaire et le dernier vient de finir de sillonner les routes du nord du Népal à vélo et se rend vers celles de l'Inde via ce bus!
Je commence à aller vraiment mieux et à respirer presque normalement.
La longue descente du plateau de Katmandou semble m'être particulièrement bénéfique.
Mes sinus semblent comme se décontracter et finalement accepter d'accueillir joyeusement l'air venant de l'extérieur.
La température monte et il fait de plus en plus chaud dans le bus.
Je finis par m'assoupir durant un peu moins d'une heure et à mon réveil c'est comme si j'avais changé de pays!
Cactus et bananiers longent les routes!
Le Népal est le pays qui jouit de la plus forte amplitude thermique du monde sur une aussi courte distance d'un peu plus de deux cents kilomètres.
Les plus hautes montagnes du monde au nord et un parc "tropical" au sud remplit de crocodiles, tigres, rhinocéros ou autres éléphants!
On progresse lentement mais sûrement vers la ville frontalière de Bhairawa et après neuf heures de bus (pour faire 200 kilomètres) on me dépose afin que je finisse mon périple quotidien en taxi jusqu'à Lumbini.
On sent vraiment la proximité de l'Inde qui semble totalement influencer la région.
Les tenues, les visages, l'architecture des maisons en terre ... tout fait penser à l'Inde voisine.
Si on enlève la simple et unique route avec ces quelques véhicules on ne saurait dire dans quelle époque le temps semble s'être arrêté ici... plusieurs centaines d'années peut être!
J'arrive enfin à destination pour m'entendre dire que tout est complet et qu'il n'y a plus de place dans les hôtels du village.
J'en visite un dernier qui se trouve être dans un état absolument déplorable de crasse et en sortant un homme m'accoste pour me proposer un logement pour la nuit.
Pourquoi pas mais voilà qu'il enfourche une moto et me demande de monter derrière lui.
J'insiste bien sur le fait que je veux rester très proche de l'entrée principale et il m'assure que je n'ai rien à craindre.
On s'éloigne de plus en plus et moi de cesser de lui répéter mon intention de ne pas aller trop loin.
On arrive dans un village sans âge et sa guesthouse se trouve être une bicoque qui déjà rien que de l'extérieur fait terriblement peur!
C'est assurément "non" alors je lui demande de ramener mais il fait des manières et finit par me faire chantage pour me reconduire jusqu'au village.
La nuit est prête à tomber et je suis au moins à deux ou trois kilomètres du village... je suis coincé et vais devoir céder à son chantage.
Je devrai lui rembourser le prix l'essence!
Ça commence vraiment mal et la chambre que je finis par obtenir dans le village est hors de prix compte tenu de ses très piètres prestations.
Elle est en plus placée au tout début de ce long couloir comme une aire de repos sur le bord d'une autoroute!
Ça va être folklorique ... je le sens!
Ce que je craignais semble se produire à savoir que la ville de naissance du bouddha, Lumbini, soit un genre de "Lourdes" à la sauce indienne.
Dehors traînent quelques Occidentaux qui sont en train de se rouler des pétards assis sur ce qui sert de trottoir le tout habillé comme des babas cool des années soixante!
J'ai vraiment du mal à comprendre ces gens pour qui bouddhisme rime avec "dépouilles" aux produits stupéfiants et qui semblent penser que l'on s'approche de "nirvana" dans l'aide indispensable des paradis artificiels... comme cela est à dix mille lieus des nobles enseignements du bouddha!
Je vais prendre repas assez rapidement afin d'essayer de me reposer au plus vite dans cet hôtel miteux tout en priant qu'on m'y laisse dormir paisiblement après la terrible nuit dernière.
We will see!


Les principes de base édictés par le bouddha.


Voici la plaque d'entrée du parc de Lumbini et il n'est que 6H tout juste passé!
j'ai, contre toute attente, très bien dormi malgré cette ambiance aussi chaude, lourde qu'humide.
Quel contraste!
Il est temps d'aller voir si mes craintes de trouver ici une sorte de Disneyland bouddhiste sont fondées.
Au village tout ou presque était encore fermé à cette heure et je me contente donc d'une simple barre chocolatée en guise de petit déjeuner.
Je l'ai acheté dans cette seule épicerie ouverte où déjà hier soir le propriétaire m'était apparu aussi adorable que souriant ce qui semble être une denrée un peu rare par ici.
Je loue un vélo pour arpenter le grand parc et me jette sur les petits chemins qui le sillonnent.
Il fait encore à peu près frais avec un soleil levant déjà tout laiteux et enrobé de brume.
Le lieu précis de naissance de l'éveillé se trouve là devant mes yeux sous cet énorme arbre tout enguirlandé d'innombrables drapeaux de sagesses bouddhistes.
L'emplacement est plaisant mais je n'y ressens rien de spécial profitant simplement des sourires enchanteurs de tous ces moines qui viennent là pour se recueillir.


Lieu de naissance du bouddha.


Je passe ensuite devant la flamme éternelle de la paix qui couronne le long canal séparant les deux grandes écoles du bouddhisme.
À droite le théravada et à gauche le mahayana.
(Théravada et mahayana sont les deux grandes branches du bouddhisme issues d'un schisme comme cela s'est produit aussi chez les chrétiens ou les musulmans à la différence qu'ils se respectent parfaitement et ne se sont JAMAIS fait la guerre contrairement à d'autres et surtout le bouddhisme n'est EN AUCUN CAS une religion!!)
Le nombre de temples du type théravédin est ridicule en comparaison des mahayanistes!
En fait du coté des théravédins il n'y a guère que le temple thaïlandais qui soit vraiment intéressant.
Il est fait tout de marbre blanc!
Il est absolument magnifique et illumine le vert des grands arbres qui l'entoure.
Il jouxte un très grand hôtel rempli de Thaïlandais pour qui le lieu semble être comme celui d'un pèlerinage.
À la sortie les attendent de nombreux mendiants tirant sur la corde sensible de ces gens sensés être compatissants.
Sitôt les touristes partis dans leurs bus luxueux et les mendiants ont, eux aussi, disparus comme envolés!
Je longe tout le canal afin de passer de l'autre côté et d'aller visiter le côté des mahayanistes.
S'y trouve même un temple français!
En fait de temple il ne s'agit que d'un simple stupa au centre d'un joli jardin très bien entretenu.
Il est certain que le nombre de bouddhistes français qui doivent faire don pour cette oeuvre est absolument sans commune mesure avec ceux de l'Asie du sud-est!
Je remonte sur mon vélo quelque peu déglingué en me disant que cette matinée va rester comme un petit assombrissement sur mon coeur.
Tout ce que je vois ici va à l'encontre de ce qui me semble être les principes les plus simples et les plus élémentaires enseignés par le bouddha.
Je me demande ce qui va bien pouvoir éclairer cette journée... un beau sourire, une belle attention, une conversation?
Je me dirige vers le plus grand temple: le Chinois.
J'y suis presque et là une énorme surprise que de tomber nez à nez avec le cycliste espagnol rencontré hier dans le bus!
Je lui avais parlé de cette visite du lieu de naissance du bouddha hier dans le car et cela lui a finalement donné l'envie d'y venir!
On discute un peu mais son anglais est aussi approximatif que mon espagnol et ça limite les échanges!
Nous faisons une photo souvenir... lui devant son magnifique vélo et moi le mien!
Pas besoin d'avoir un sens aigu de l'observation pour voir la gentillesse qui déborde de ce jeune homme...
Je suis heureux de ces quelques instants de bonheur simplement partagés.
Le voilà donc le sourire et la gentillesse de cette journée qui commence.
Je n'aurais vraiment pas attendu longtemps pour être servi!
Seule chose à retenir du temple chinois: sa taille hors normes par rapport aux autres et sa très grande propreté.
Voilà! il faut bien que je me rende à l'évidence que je n'ai pas grand-chose à faire ici dans ce Lumbini dont je perçois pas l'once de l'esprit et de la conception du bouddhisme qui est la mienne!
J'emmène avec moi les seuls sourires de "bicleman" et des moines.
Comment quitter rapidement cet endroit?
On me l'a dit hier il n'y a que des bus locaux pour se rendre à Pokhara depuis la ville frontalière de Bhairawa.
Le problème c'est que je suis un peu échaudé par les conditions de transport des bus locaux et par le fait que le Népal recense trente fois plus d'accidents de la route meurtriers que la plupart des pays dits développés!
En venant hier on a pu voir un bus qui était sorti de la route et je ne compte pas tous ceux qu'on a croisés en panne sur les bords des routes.
Au final je vais me payer le luxe d'un taxi moderne pour m'amener dans des bonnes conditions jusqu'à Pokhara.
Mon chauffeur ne parlant quasiment pas anglais c'est essentiellement le silence qui dominera ces cinq heures de route.
En pause-déjeuner à Tansen j'accepterai de prendre à notre bord deux népalais dont le bus local n'a pas supporté la remontée vers Pokhara.
Cinq heures de route auront suffi au lieu des neuf heures nécessaires en bus local.


La Siddhartha highway!!


Pokhara ressemble à une petite station balnéaire surpeuplée de petites échoppes se battant pour donner sur le grand lac qui borde la ville.
J'y trouve un bon logement un peu cher mais qui propose une salle de bain intégrée et dont je vais bien sûr faire bon usage!
Ce long détour jusqu'à Lumbini m'aura coûté aussi financièrement qu'il m'aura déçu.
Après une longue balade le long du lac agrémenté d'une belle conversation avec des réfugiés tibétains vendant de l'artisanat typique de chez eux et me voilà déjà à flâner dans cette nuit naissante sur cette longue artère tout explosée de restaurants de tous les styles!
Je retourne au final faire quelques pas dans cette nuit chaude sur les bords du lac avant que de rejoindre mon lit.
Quelle journée marathon!

Venez découvrir les photos de cette journée ici:

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.468335249859982.120963.218123488214494&type=1

Merci de ne pas garder pour vous si appréciez et donc de partager!

vendredi 25 mai 2012

NEPAL Patan


6H30 et je me réveille comme une fleur!
Petit-déjeuner accolé à un tout petit peu de temps pour se préparer et c'est parti pour Patan.
Plutôt que de prendre directement un taxi je privilégie une balade à pied dans ces rues encore clairsemées.
Remontée tranquille jusqu'à la fétide rivière qui longe Katmandou.
Je suis vraiment sincèrement désolé de la qualifier de "fétide" sachant ce qu'elle peut représenter dans la culture de très nombreuses personnes ici!
Pourtant il faut bien regarder la vérité en face en reconnaissant que ce cours d'eau est un absolu dépotoir dont on sent les nauséabondes effluves plus d'une centaine de mètres à la ronde.
Pourquoi ne pas avoir plus de respect pour cette rivière qui est considérée comme sacrée par les hindous dans laquelle ils se purifient en amont et font aussi brûler les corps de leurs proches défunts?
Je saute dans un taxi qui tout justement cahote le long du cours d'eau.
En me rendant jusqu'à ce pont je suis passé devant chez le boucher local.
Pour ceux qui ont les moyens de se payer de la viande cela semble se passer très tôt le matin et en toute objectivité il vaut, en effet, mieux s'y prendre tôt.
Surtout si possible sitôt après que la bête a été abattue plutôt qu'après que ces morceaux aient passé la journée à faire "bronzette" au soleil de l'étal de la boucherie.
Les clients se tiennent autour des lieux tout autant qu'une poignée de chiens en attente du miracle d'une ou deux pièces d'abats ou d'os qui pourraient leur tomber dans la gueule!
Reconnaissons que le rapport à l'abattage et la mort en général sont ici considérablement diffèrents des nôtres où tout est si bien caché que l'on ne réfléchit même plus une seconde au fait qu'un être vivant a été tué afin de nous nourrir.
Là... il est bien impossible de l'oublier!
(Il serait bon que nous y réfléchissions un peu plus par ici en respectant plus et en consommant moins!)


La boucherie du coin.
Me voilà rendu au durbar square (centre historique) de Patan où il faut s'acquitter d'un petit droit d'entrée et tout de suite mon appareil-photo va chauffer!
Comme à chaque fois il est vraiment bon d'arriver très tôt alors que les Népalais passent ici avant que de rejoindre leur travail.
Il n'y a pas de touristes et suis le premier visiteur à venir là en cette belle matinée.
Ainsi on peut photographier toutes les pièces d'art local (l'art newar) qui s'offrent à nos yeux.
Il y a encore plus à voir qu'à celui de Katmandou et surtout tout y semble encore plus ancien... un régal donc!
Je n'ai, comme à mon habitude, aucun plan de visite particulière me laissant simplement guider par mon instinct.
Ainsi je vais découvrir le temple d'or qui est le principal monument bouddhiste de la ville et qui devrait être un des points culminants de ma visite ici.
J'y entre et non seulement il n'y a pratiquement personne mais je suis évidemment le seul Occidental.
Ce temple est "gardé" par la bienveillance d'un très jeune garçon dont on change à peu près tous les quinze jours.
Je ne sais pas d'où vient cette tradition mais il en est ainsi.


Coup de bol car j'arrive pile au moment où cet enfant semble pratiquer un ensemble de rites avec un prêtre qui de toute évidence a, lui aussi, un rôle central.
Après les visites des monastères de Tengboche et de Pangboche dans des conditions idéales et des largesses photographiques qui m'y ont été accordées me voilà devant cette cérémonie dont je ne savais rien.
L'employé de l'agence de voyages de Thamel dans laquelle j'ai acheté mes billets d'avion ou de bus pour Lumbini parle lui d'un bon karma qui me ferait bénéficier de tout cela!
Je ne sais pas trop ce que je dois en penser mais le fait est que je suis bien conscient de la "chance" qui est mienne pour profiter de tout cela.
Ressortant du temple je me dirige vers un autre lieu de culte ... hindou celui-là et qui est réputé pour ses multiples toits jetés vers le bleu des cieux.
Je réfléchis aussi à tout ce que je viens de voir dans le temple d'or bouddhiste où l'ensemble des pratiques m'y semble tellement éloigné des recommandations du Bouddha lui-même!
Il est ici absolument vénéré comme un véritable Dieu ce qu'il semblait avoir toujours redouté en rappelant donc sans cesse qu'il n'était qu'un homme constitué de la même façon que tout un chacun.
On voit pourtant bien ici une dévotion qui tourne parfois même jusqu'à une forme certaine de fanatisme... quelle horreur!
Heureusement que la recommandation première de son enseignement était la non-violence et la compassion pour tout et tous!
Pour ce qui est de la dévotion on ne trouvera guère mieux que les hindous qui vénèrent un panthéon de divinités absolument gigantesque ( jusqu'à 300 000 divinités en tout! ) et dont je peux encore -là- constater la puissance.
Il est temps d'aller célébrer l'ouverture du musée de Patan qui est paraît-il absolument merveilleux.
En fait, il l'est bien!
Pour toute personne s'intéressant à l'art et aux belles choses c'est une mine d'or... une pure pépite!
Si par hasard vous avez en plus le bonheur d'être intéressés par le bouddhisme et l'hindouisme alors vous serez tout simplement aux anges!
Les photographies parleront d'elles-mêmes et seront bien plus explicites que tous mes mots.
(Vous retrouvez donc une section spéciale pour les photos du musée en cliquant sur le lien de fin de récit :)



Les visites terminées et il est temps de se laisser porter dans les dédales des petites ruelles de Patan.
C'est ici et maintenant que se jouent les réalités de la vie népalaise.
À mes yeux cela revêt autant d'importance que les visites des temples que de voir se vivre le quotidien de ces gens merveilleux.
Du coup, je me retrouve sur une grande place où se tient marché.
C'est noir de monde et je décide d'aller me poser dans un minuscule café depuis lequel je peux paisiblement contempler les scènes de vie qui se déroulent sous mes yeux.
Se trouvent là deux magnifiques jeunes femmes népalaises habillées de façon plutôt traditionnelle avec pourtant une touche de modernité.
Elles ont des visages assez durs et pourtant leurs regards y sont illuminés par la profondeur des choses de la vie!
(Pas de photos comme toujours car je ne peux me résoudre à vouloir entrer par effraction dans l'intimité des personnes... seules sont photographiées les personnes me le demandant où auxquelles j'ai demandé l'autorisation au préalable)
Ici encore j'apprends à vivre dans l'instant présent ... celui-là seul existant vraiment!
Y vit la vérité du temps -le présent- cet instant accompagné du cortège de sa propre mort qui se donne à l'instant suivant!
Celui-ci aussi qui n'attend plus rien pour paisiblement et sereinement se donner à sa propre extinction!

Je reprends ma lente marche dans les rues et m'enquiers à trouver un petit restaurant où déjeuner.
Chose faite et je me dirige vers ma dernière visite de la journée: le temple de Mahabouddha.
Niché au fond d'une minuscule veine entre deux hauts bâtiments tout y est bien sombre.
Dans cette cours qui l'encercle il se dresse seul vers le ciel.
Deux moines s'y tiennent accompagnés d'une femme entretenant les bougeoirs à huiles.
Une fois de plus j'arrive à y saisir de beaux moments et à quelques encablures seulement après ma sortie je regarde les photos que je viens d'y faire.
Etonnemement sur la photo de la statue du Bouddha s'est incrustée en reflet une horloge comme le symbole de sa merveilleuse théorie de l'impermanence qui lui était si chère.


l'impermanence sur le coeur!


Tout passe... tout casse et ainsi va la vie!
Je marche toujours aussi lentement et cette fois derrière deux femmes âgées.
Mon très récent enseignement himalayen du "pas-à-pas" prend pour la première fois une forme nouvelle ici.
Mon regard est fixé sur les pas virevoltant du bas de leurs splendides tenues!
Je me délecte de la simple beauté de ces couleurs mises en lumières par l'association du vent et des rayons de lumière.
Moment aussi simple que magnifique!
Deux jeunes hommes m'abordent et me sortent de mon "délire extatique" en engageant conversation.
C'est en anglais évidemment!
Ils ne tardent vraiment pas à me demander si je crois en la résurrection du Christ après seulement quelques mots échangés.
Je leur réponds bien évidemment que cette question m'intéresse tout autant qu'eux mais que je suis aussi bouddhiste.
Ils me disent l'être également mais néanmoins penser que la résurrection soit une belle possibilité.
Nous sommes parfaitement d'accord!
D'où sortent-ils pour venir de la sorte m'accoster au beau milieu de cette rue et sur une question qui me fut si longtemps tout aussi essentielle qu'à eux?
Ils semblent avoir su faire parfaitement coexister ces différentes sagesses millénaires en leur sein!
Génial!
Ils m'entretiennent ensuite de réincarnations ou de karma et voilà que nous débouchons sur un croisement où nos routes vont se séparer tout comme elles se sont trouvées il a à peine quelques minutes.
En nous quittant chaleureusement ils me demandent de leur accorder l'enseignement du français par l'intermédiaire de mes rêves prochains!
Ils insistent sur ce point tout envieux d'apprendre ma langue qu'ils sont!
Je redescends vers la rivière et au détour d'à peine deux ou trois rues me retrouve déjà au milieu de ruelles courues par la misère!
Plus aucun touriste, plus de magasins... plus rien en fait!
Les gens me regardent l'air un peu surpris de me voir là mais il n'y a jamais aucune forme d'animosité dans les regards qui se posent sur moi.
Se dévoile finalement sous mes yeux un frêle pont piétonnier qui enjambe la rivière.




Pour rejoindre Katmandou à pied il me faudrait longuement longer le cours d'eau puant et j'y renonce de suite aux regards des infectes odeurs qui en remontent!
Je me jette donc dans un taxi.
Il est encore assez tôt lorsque j'ai rejoint le durbar square de Katmandou et je chemine paisiblement vers mon hôtel yeux et narines grandes ouvertes sur tout ce qui m'est offert ici.
Longue rédaction de cette belle et instructive journée depuis le jardin de l'hôtel.
Je me laisse aller à une fin de journée en pente douce avant mon départ pour Lumbini très tôt demain matin.
Je ne me coucherai pas trop tard car le taxi viendra me chercher pour 6H du matin et ensuite il y aura au mieux huit heures de mauvaises routes népalaises à faire en bus pour rejoindre la ville natale du bouddha.


Les photos de la journée sur la page Facebook comme à chaque fois:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.464862713540569.120302.218123488214494&type=3

Et ici le musée de Patan:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.464878953538945.120305.218123488214494&type=3

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