vendredi 30 septembre 2011

Affaire Karachi... bien pire qu'un scandale.

Inutile de revenir sur les tenants et aboutissants des dernières affaires politico-militaires qui salissent encore un peu plus la France depuis quelques temps.
Le journal Mediapart nous en a déjà tellement dévoilé et expliqué sur les arcanes obscures de ces contrats qu'il n'est pas la peine d'en rajouter.
Mais là où je suis particulièrement choqué c'est sur le fait même que ces ventes d'armes semblent en rien poser problème à qui que ce soit.
On parle pourtant ici de matériel de guerre susceptible de faire des montagnes de morts sans que personne ne semble s'en indigner.
Ne nous attardons même pas sur le coté financier de ces affaires où les chiffres font tourner la tête.
Il semble d'ailleurs que ce soit à ce même titre -l'argent que cela engendre- que par voie de fait on ne puisse pas s'en insurger.
Bah ! voyons ça rapporte un max de fric à des entreprises françaises, à l’état et à ce titre tout est donc bon à prendre.
Évidemment, il faut bien que je comprenne qu'il y a des guerres, que c'est comme ça, qu'on y peut rien et qu'il faut bien se défendre !
Il s’avère justement que je ne le comprends pas et que l'entendre me donne la nausée.
Vous ne trouvez pas cela étrange que toutes nos constructions morales soient mises au placard comme si de rien était dès qu'une guerre pointe le bout de son nez ?
Pour les ventes d'armes c'est la même histoire.
Que reste-t-il de nos belles manières, du « tu ne tueras point » lorsque le plus haut sommet de l'état engage ses meilleurs hommes afin de vendre du matériel de mort ?
L'affaire « Karachi » semble prendre la voie (l'autoroute) du scandale politico-financier, des millions par ci, des millions par là, un peu pour monsieur X, d'autres pour monsieur Y et des valises de biftons qui prennent les airs et transitent de vilains comptes en caisses noires.
Oui, oui... et tout ça pour du commerce de haines stupides et de morts qui le sont d'autant plus.
Mais tout cela vient seulement au grand jour car ces billets empoisonnés auraient financé une campagne présidentielle.
Qu'en aurait-il été sans cela ?
Probablement rien !
Si tout cela avait juste servi à enrichir grassement quelques intermédiaires, l’état ainsi que nos merveilleuses sociétés productrices on en aurait jamais entendu parler.
Quoi de plus normal que la France et ses dirigeants fassent tout leur nécessaire pour refourguer toutes leurs saloperies les plus venimeuses et destructrices sans que cela ne gêne personne.
Et pourtant chacun d'entre nous se doit de ne pas oublier que ces armes tueront à coup sûr des innocents.
De pauvres gens ayant eu la bien mauvaise idée d'être au mauvais endroit au mauvais moment.
Faudra-t-il aller expliquer aux familles que c'est ainsi et que l'on y peut rien ?
Et l'on appelle ces gens des marchands d'armes ?
Des trafiquants seraient tellement plus juste.
Au nom de quoi auraient-ils le droit au statut de « commerçants » alors que comme les dealers ils vendent du concentré de mort ?
Bien au delà d'un scandale d'état c'est une abomination nationale que de savoir que chaque jour qui passe sur notre sol est aussi celui de l'envoi vers d'autres contrées de fusils mitrailleurs, grenades, canons, bombes ou autres mines.
Hé oui ! Justement parlons-en des mines si formidablement bien dissimulées au travers de champs et de bucoliques campagnes (surtout lointaines) qui rendent au jour le jour à jamais caduques les rêves de grandes ballades d'enfants innocents.
Jambes, bras et pieds aux quatre vents pour l’enrichissement de nos industries militaires !!!
Que notre pays ait en son sein des sociétés qui fabriquent des armes m'est déjà trop pénible mais de savoir qu'elles les vendent un peu partout dans le monde afin de concrétiser les pires cauchemars de fous furieux m’ulcère littéralement.
Si il faut « bien qu'on se défende » alors commençons déjà par garder nos armes meurtrières pour nous et ce sans jamais nous sentir obligés de les exporter n'importe où et à n'importe qui à seules fins de faire du fric.
On ne qualifierait pas cela d'un « bon début » mais d'un début tout court.