vendredi 7 octobre 2011

De la reforme... de soi.

Déjà douze billets publiés et que des critiques !
Je continue de croire que la plupart sont absolument justifiées car lorsque l'on s'attache à vouloir diriger les Autres on se doit de tout faire pour être le plus irréprochable que possible.
Néanmoins, on observe, et malheureusement pour nous, que nous sommes très loin du compte et d'autant plus depuis quelques semaines où les affaires malodorantes pleuvent comme légions sur nos écrans et dans nos journaux.
Présentes comme passées, elles donnent une image parfaitement exécrable de l'état de nos institutions et bien plus encore de celles et ceux qui les représentent.
Il ne sera néanmoins jamais trop tard pour faire le constat que nous avons abandonné la morale a des gens qui n'en ont guère pas plus que de nous demander comment nous pourrions nous la ré-approprier au mieux.
Il est tout de même assez singulier de voir combien ceux que nous préférerions voir nous gouverner n'en ont aucune envie !
Prenons un exemple flagrant : L'abbé Pierre !

N'oublions pas qu'il fut député et qu'il abandonna son mandat sitôt qu'il fit l'amer constat que ses collègues de l'hémicycle ne voulaient pas réellement faire changer les choses aux profits de ceux qui les élisaient.
C'est ainsi qu'il commença par accueillir tous ceux qui mourraient autour de chez lui dans l'indifférence d'un froid glacial.
Tant de misère allait venir frapper à sa porte et le prendre au dépourvu, si bien qu'il eut la généreuse idée d'inventer les chiffonniers d'Emmaüs.
Il avait ainsi réalisé concrètement ce que d'autres nous promettent depuis des décennies !
S'il est clair qu'il eut ici un pouvoir d'abnégation et une volonté hors du commun, il n'en reste pas moins que nous sommes en tous points constitués de la même façon que lui.
De ce fait, nous sommes probablement aussi capables d'apporter notre pierre à l’édifice de bonté.
Comme tout un chacun je ne me sentirai pas la force de porter d'entrée de jeu d’énormes quantités de briques afin de consolider les fondations de ce beau monument mais plutôt que de vouloir changer le monde et de faire de féeriques rêves d'une société parfaite nous pourrions déjà séance tenante, ici et maintenant, commencer par transporter notre première petite brique.
Il est fort légitime que nous puissions formuler des critiques envers ceux qui nous dirigent mais il nous faut tous nous en faire en propre car comme le chantait si justement (et bien) Daniel Balavoine « il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête. »
Si l'on peut donc légitimement se trouver écœurés par les magouilles de nos politiques, de nos banquiers ainsi que par nos grands capitaines d'industries cela ne nous dispense en rien d'être honnête.
S'il est indéniable que tout système repose sur l'exemplarité de ceux qui le représentent, il ne peut fonctionner correctement et durablement que si l'ensemble des membres qui le constitue sont, eux aussi, respectueux des valeurs et des règles qu'il véhicule.
Il ne suffit donc pas que de crier aux voleurs et aux corrompus tout en faisant part soi-même d'incivisme ou en profitant du système en se cachant derrière des arguments fallacieux.
Qui n'a pas déjà entendu, qui n'a pas dit, au moins une seule fois : « tout le monde le fait alors pourquoi pas moi. »
Appelons donc de nos vœux les dirigeants à suivre au plus près les lois et la morale qu'ils ont décidé de représenter et il sera tout aussi normal pour nous que nous en fassions de même dans le secret de notre anonymat.
Plus notre démocratie est ostensiblement salie et plus elle finit par ne plus être respectée par l'ensemble de ceux qui la compose.
C'est bien là qu'est le problème... plus personne ne se sent investi dans sa propre conscience du rôle essentiel qu'il tient dans la société.
Dans une société ouvertement et fièrement (sic) basée sur la capacité d'enrichissement personnel au détriment de tous les autres plus personne ne semble se sentir fautif de vouloir par tous les moyens arriver à cette fin.
Voir que nos « élites » ne se préoccupent que de leur carrière au détriment des missions qui devraient être les leurs ne nous oblige en rien à leur emboîter le pas.
Socrate ne disait-il pas : "Mieux vaut subir l'injustice que de la commettre. "
Alors n'oublions jamais que le pouvoir du politique n'est que celui que nous lui donnons.
Hors, ce don que nous leur faisons n'a t-il pas essentiellement pour but que les esprits les plus élevés et les plus précieux ne se mettent au service de la justice, de l'équité et de la morale ?
Qu'ils éduquent et ouvrent en nous une volonté participative à un corps social tout entier ?
Si au lieu de cela nos dépositaires ne font que nous encourager, par leurs propres comportements, à ajouter nos petites injustices quotidiennes aux leurs, alors comment voulez vous que nous sortions de cette impasse dans laquelle nous nous sommes laissés entraîner ?
Nous l'avons vu, nous sommes absolument tous en pouvoir de faire un petit quelque chose.
Ce n'est pas qu'une question de pognon et les plus modestes d'entre nous peuvent aussi parfaitement contribuer à la construction du meilleur.
Nous ne mesurons pas toujours l'impact que nous pouvons avoir sur la misère et ce quelle soit financière ou morale.
Un simple et beau sourire à celui qui doute de tout, de lui et des autres par exemple.
Un Bon-Jour sincère et qui souhaite en profondeur la meilleure des journées à celui à qui il est dédié est une bien belle chose quand elle est perçue comme profondément sincère.
Offrir son oreille attentive à la détresse passagère d'un ami, d'une sœur ou d'un inconnu.
La voilà la petite brique de gentillesse légère comme une plume et qui caressera de son duvet le cœur de votre interlocuteur .
A quoi bon nous insurger contre ceux qui nous gouvernent si nous ne sommes pas en mesure de leur montrer qu'à notre humble niveau d'anonyme nous sommes en capacité d'apporter quelque chose de beau et de simple à la fois ?
A force de nous marteler le cerveau de leurs possibilités à pouvoir tout faire et tout résoudre nos « puissants » ont fini par nous mettre en tête que nous ne sommes plus capables de rien par nous mêmes !
Infantilisés au maximum nous ne nous voyons plus en mesure de résoudre quelque problème que ce soit.
Peut-être y trouvons nous ici le confort de la nolonté ?
Plus besoin de vouloir, de faire, de s'engager... l'état est là pour ça !
Est-il nécessaire alors de rappeler que notre cher état n'existe que pour gérer le bien commun ?
Alors pourquoi  avoir cédé à l'état  la gestion complète du civisme, de la morale, de l'éducation, de la transmission des valeurs et de la politesse ?
Tant que nous y sommes donnons lui aussi notre responsabilité de la gentillesse envers les Autres, de l'entre-aide et de tout ce qui va avec !
C'est tellement plus simple et puis comme ça ces "vendus" resteront tous des irresponsables, des incapables et non seulement nous n'y pourrons jamais rien mais en plus ce ne sera surtout pas de notre faute.
Ah la belle affaire que voilà !
Mais au lieu de tout ça, ne serait-il pas temps pour nous de nous rendre plus fraternels, plus attentionnés et plus solidaires les uns envers les autres ?
Nos dirigeants ne le feront pas pour nous et il est ainsi de notre impérieux devoir de reprendre tout ce terrain cédé.
Ce devoir qui est le notre de vouloir être le meilleur possible n'incombe qu'à nous.
NON! je ne commence pas demain, lundi prochain ou à la saint Sylvestre mais tout de suite avec les capacités qui sont les miennes et tout équipé que je suis de ma bonne volonté.
Il en est ainsi de la réforme de soi.
Avant toute chose je m'occupe des devoirs qui sont les miens et laisse mes droits au second plan.
Ils regardent avant tout les autres car ma priorité est là : mes devoirs!
Ainsi j'ouvre le cercle vertueux de mon bon vouloir sans arrières pensées et juste pour le plaisir.
J'arrête aussi d'avoir la folle prétention de changer le monde tout en commençant à l'instant par me changer moi-même.
C'est la condition indispensable à toute amélioration possible !
Chaque geste fait avec la simplicité de l'envie, du bon cœur et de manière complètement désintéressée ne pourra vous être jamais retiré, volé ou bafoué par de mauvaises volontés.
Nos sourires, notre civisme, notre gentillesse, nos petits coups de main qui vont bien seront alors un début facile, nécessaire et à la portée de tous.
Inutile d'espérer voir notre civilisation changer si tout un chacun ne commence pas par un travail sur soi et en profondeur.
Face à face de soi avec soi... sans se mentir à soi même, sans resquiller sur nos propres zones d'ombres.
Alors se tissera comme naturellement et ensemble, fil à fil, ce bel habit d'apparat.
Dès aujourd'hui je commence en ayant absolument tout à y gagner sans jamais avoir à y perdre !
Je vous souris!

A Nicolas.