vendredi 21 octobre 2011

Hollande: helas!

Commençons tout d'abord par saluer le succès de ces primaires socialistes tant en terme de démocratisation de l'appareil politique français que pour nous avoir fait découvrir (enfin) un homme apparemment de gauche au PS : Arnaud Montebourg.
Il fut le seul à proposer une voie non libérale au sein de ces débats et cela n'a pas manqué de me faire sortir de chez moi afin de voter pour lui.
Non pas qu'il représente l'idéal de la politique telle que je la conçois, non pas que ses positions furent d'une grande clairvoyance sur les calamités à venir mais il a représenté une lueur d'espoir quant à la possibilité d'une prise de conscience que d'autres voies existent.
Mais que fera-t-il de l'espoir qu'il a levé chez 17% des sympathisants socialistes ?

Étant un invétéré démocrate, j'y suis retourné dimanche dernier en votant Aubry.
Cette fois pour une seule et unique raison : elle proposait de sortir de l'ignominie nucléaire.
Pour tout le reste c'était quasiment bonnet blanc et blanc bonnet... donc rien à en retenir.
On a assisté à la déliquescence du PS qui n'a plus grand chose de socialiste, qui court après le triple AAA des agences de notation, le désendettement forcé à coup de plans de rigueur sur l'exemple de la Grèce, du Portugal et maintenant de l'Italie.
Plans que les « socialos » grecques ont encore voté il y a peu et qui sont décrits comme « courageux ».
Un comble !
Monsieur Hollande, s'il est élu, sera dans la même ligne que ces libéraux qui osent encore se dire socialistes.
Pour nous sortir de l'ornière il nous propose de belles mesures qui s'appuient sur un retour assez rapide de la croissance alors qu'elle ne reviendra JAMAIS.
Je sais, je sais, je me répète mais il n'y a pas grand monde pour la croire, pas plus que pour la soutenir, cette thèse de la disparition pure et simple de la croissance.
Au mieux on nous parle de croissance verte.
Pas grave, on a le droit de se tromper tout autant que d'avoir raison contre l'ultra majorité !
L'avenir ne tergiversera pas pour sa part et délivrera son verdict.
Quand je vois depuis plusieurs années l'intensité grandissante des moussons dans les pays concernés cela conforte plutôt mon analyse.
La Thaïlande essuie ses pires inondations provoquant plus de deux cents morts et ayant recouvert plus d'un tiers du pays.
Mon ami le Bouddha est prêt à boire la tasse à Ayutthaya... faut-il y voir un signe ?
                                                         
En tous cas, au lieu de s'alarmer et d'en tirer de rapides conclusions sur la nécessite d'un changement radical de modèle sociétaire on s’inquiète du coup financier et des 1,5 points de PIB (minimum) que cela va coûter !
Les deux cents morts sont relégués au second plan voir presque passés sous silence tout comme la misère dans laquelle les plus démunis vont se retrouver très rapidement.
Voilà bien LE THÈME sur lequel un vrai socialiste devrait s’attarder.
Quel type de société peut bien préférer focaliser toutes ses forces sur des points de PIB perdus et des coûts financiers plutôt que sur une catastrophe humaine et sanitaire ?
L'humain est devenu un outil comme un autre à la seule fin de la réussite financière de ce monde et pas mêmes nos socialistes ne le relèvent et encore moins ne le combattent avec véhémence.
Monsieur Hollande semble rester sourd à cela ce qui ne l’empêchera assurément pas d'hériter d'une station service « France » en fond de cuve.
Il tombera immanquablement en panne tout comme l'ensemble de ses homologues occidentaux.
On nous dira, comme à chaque fois, que c'était imprévisible et qu'ils ne sont donc pour rien dans l’hécatombe qui nous tombera dessus.
Les décroissants auront eu raison contre tous et cela nous fera une belle jambe.
En 2012 nous devrons donc nous consoler avec le départ tant attendu de l’équipe actuel qui aura été, et de très loin, la pire de toute cette cinquième république.
On ne vous regrettera pas et appelons de nos vœux que toutes les affaires judiciaires qui s'ouvrent jour après jour contre vous aboutissent.
Là, je rêve sûrement tout debout mais l'espoir fait vivre.
Monsieur Hollande, vous allez donc probablement passer aux commandes du navire « France » et il est d'ors et déjà à la dérive et perclus par des voies d'eaux multiples.
Saurez-vous rester à son bord jusqu'au naufrage et faire ainsi mentir ceux qui vous disent « mou » et sans « courage ».
Nous le verrons bien. (enfin plutôt mal)
Y.S