samedi 12 novembre 2011

Assurance... de chuter!


"L'estimation des dégâts aux inondations vient de tomber:
De 550 à 800 millions d'euros.
Voilà donc combien coûte à peine une semaine d'intempéries sur le seul pourtour méditerranéen.
L'état dit de "catastrophe naturelle" sera donc décrété pour de nombreuses communes.

Bien sur le plus grave est évidemment les victimes de cette vague de pluies.

Cinq personnes sont ainsi mortes et une sixième portée disparue et c'est cela évidemment le plus grave."
Voilà ce que j'écrivais il y a déjà de nombreux mois et que je pourrais ré écrire trop souvent.
Pour le reste énormément de dégâts matériels et les assurances vont engager des remboursements aux sinistrés.
L'état aura aussi sa part avec les destructions de biens publics et de voiries sans compter les interventions et la mobilisation des divers services de l'état.
Tout cela a évidemment un coût qui sera supporté par les collectivités locales et qui devra donc creuser un peu plus les déficits en cours.
Ce sera donc, cette fois, pour la bonne cause!
L'Italie a, elle aussi, payé un lourd tribut en connaissant des victimes et des dégâts considérables.
Vous l'avez bien compris le but de ce billet est d'attirer votre attention sur l'avenir des sociétés d'assurances.
Pour ceux qui me lisent depuis le début j'y ai déjà fait allusion à plusieurs reprises dans des publications plus anciennes comme celle-ci par exemple : http://healeyleblog.blogspot.fr/2011/09/socialistes.html
Je m'y attarde plus précisément cette fois.
Pourquoi? Tout simplement parce que je crois toujours à mon scénario.
Lequel? Celui de la chute financière généralisée.
Je ne reviens pas une énième fois sur la situation dans laquelle nous sommes "grâce" au système néo libéral car je le fais régulièrement.
Concentrons nous donc sur les compagnies d'assurances qui devraient jouer un rôle assez important dans cet effondrement.
Tout dans notre économie mondialisée est maintenant lié et le dernier exemple en date pour nous remémorer que celui des inondations thaïlandaises qui pourraient produire une pénurie de disques durs d'ordinateurs dès le début de l'année 2012.
Mais revenons au coeur du sujet : les assurances.
Elles vont être les plus directement et durablement impactées par les dérèglements climatiques.
Nos états surendettés ne pourront pas se substituer bien longtemps aux assurances si celles-ci venaient à les appeler à la rescousse.
Ces mêmes compagnies d'assurances n'auront donc comme seul moyen de faire face que d'augmenter les cotisations afin de se couvrir des pertes engendrées par une trop forte cadence de remboursements de sinistres.
Mais combien d'entre nous pourraient supporter de nouvelles augmentations?
Inutile d'avoir fait des études poussées en économie pour comprendre la suite des événements!
Ces multinationales, étant quasi toutes cotées en bourse, verront leurs cours de bourse infailliblement baisser et par voie de fait leurs capitaux disponibles avec.
Le mode de fonctionnement des assurances ne manquera pas d'être alors remis en question.
Le système fonctionne sur le pari d'une certaine stabilité mais si celle-ci vient à être chamboulée alors la pérennité de ces compagnies en sera obligatoirement remise en cause.
En découle un effet "boule de neige" qui ne viendra rien arranger à une situation économique déjà bien en berne.
Sans les capitaux boursiers nécessaires,  les compagnies d'assurance seront mises à mal pour rembourser leurs sinistrés et ceux qui auront encore des actions dans ces sociétés ne manqueront pas de se retirer ajoutant ainsi à la chute.
Pour vous donner une idée, je vous fais part de la capitalisation boursière des plus grandes compagnies et de l'impact à venir:

-AXA: 37.9 milliards d'euros.
-ALLIANZ: 35.5 milliards d'euros.

J'en viens immanquablement à vous parler du groupe AIG.
Ce groupe américain a quant à lui réussi la prouesse de couler dès 2008 suite à ses expositions  financières abyssales sur les marchés.
La FED (réserve fédérale américaine) a été contrainte en septembre 2008 d'injecter 85 milliards de dollars pour en éviter la faillite.
Une seconde ligne de crédits dès le mois d'octobre 2008 de 38 milliards de dollars et enfin une dernière de 30 milliards de dollars en mars 2010.
La FED s'était alors dite parfaitement consciente que si elle n'avait pas "sauvé" AIG sa chute aurait entraîné l'ensemble de la finance mondiale dans un trou noir.
Voilà comment la seule compagnie AIG aurait pu avoir raison du système financier mondial et ce sans avoir sombré pour des raisons de remboursements de sinistrés mais uniquement à cause de paris boursiers à la sauce "effet de levier" maximum!
Qu'en sera-t-il lorsque ces sociétés auront à faire aux catastrophes naturelles qui vont se multiplier dans les années à venir?

Pour finir, j'aimerais attirer votre attention sur les résultats d'un autre secteur.
Celui des compagnies aériennes.
En particulier Air France qui va publier ces résultats pour l'exercice en cours de cette année 2011.
Les pertes pourraient aller jusqu'à 100 millions pour les seuls neuf premiers mois de cette année selon certains experts.
Vont en découler des mesures de réductions de coûts... donc probablement des départs en retraites anticipés, des non reconductions de CDD et des intérimaires avec qui sait, peut-être, des licenciements secs un peu plus tard si cela ne suffisait pas.
Pour l'instant ces mesures sont essentiellement liées au fait qu' Air France doit faire face à de trop nombreuses pertes de parts de marchés au profit des low costs mais aussi à la remontée des prix du pétrole.
Ils ne peuvent pas, et le pourront de moins en moins, reporter la totalité du renchérissement des prix du kérosène sur les clients et rognent donc sur leurs marges.
Viendront sans doute après les problèmes des primes d'assurances qui ne manqueront de faire mettre un genou à terre à toutes les compagnies aériennes.
Rien de bien réjouissant je vous le concède mais à jouer les apprentis sorciers avec la nature on finit par en payer les conséquences à un moment ou un autre.

Ajout au 19/06/13 :

Plus d'un an et demi plus tard et le scénario ne fait que tenir de mieux en mieux la route :(
Nos innondations du sud-ouest ne sont pourtant que limitées au regard de celles qui surviennent depuis plusieurs semaines dans l'est de l'Europe et je reste fermement convaincu que le dérèglement climatique va avoir la peau de ce système néolibéral du "tout fric" qui nous a mené là.
Nous allons ré-apprendre à partager et à faire preuve de bon sens!
On aurait preféré que ce fut fait par choix délibéré plutôt que par contrainte mais que voulez-vous il en est ainsi !