mercredi 23 novembre 2011

Les verts sous terre?

Ça fait bien mal au coeur mais il en est ainsi!
Je viens de lire l'article de Marianne sur l'état des comptes de EELV et cela explique bien des choses.
Je préparais un billet sur l'attitude de ce parti depuis l'ouverture des négociations avec le PS sur le nucléaire et je n'allais pas être tendre.
Le spectacle est assez lamentable et l'on avait une "légère" impression que les verts faisaient du marchandage alors qu'Eva Joly avait bien martelé qu'elle ne lâcherait rien sur la question du nucléaire.
Cela paraissait bien légitime car un parti écolo qui accepte le nucléaire est aussitôt vidé de toute substance... non?
Accepter le temps raisonnable à la transition oui (et avons nous bien le choix?) mais accepter que l'on poursuive la construction de l'EPR serait la marque d'un ré-engagement pour cinquante années de plus!
Seulement voilà, en lisant l'article de Marianne on y apprend que EELV est au bord du gouffre financier et même de la faillite.
Ils sont donc obligés de mettre un mouchoir sur leurs convictions sous peine de ne plus rien faire du tout.
C'est donc une sordide histoire de pognon qui empêche les verts de faire pression sur la filière nucléaire qui , elle, est riche à millions ... ils doivent bien se marrer!
En plus ils se permettent de faire pression sur le PS et ça marche!
Évidemment pour tous ceux qui ont la certitude que le nucléaire est une ineptie particulièrement dangereuse pour l'ensemble de la planète c'est vraiment beaucoup moins drôle.
Savoir que le seul parti qui regarde à peu près dans la même direction que nous sur ce sujet soit contraint de s'écraser pour des raisons de survie budgétaires ça fait mal.
On comprend mieux pourquoi Eva Joly a voulu "prendre un peu de hauteur."
Cette femme qui semble avoir tout de même une certaine morale se voit ainsi dans l'obligation de marchander des circonscriptions et de baisser pavillon pour une raison de manque de fric.
Ils ont donc en premier lieu négocié leur survie financière plutôt qu'autre chose les verts.
En s'assurant des circonscriptions ils se mettent à l'abri financièrement mais à quel prix?
Je n'aimerais pas être à sa place et suis curieux de voir comment elle va pouvoir gérer ça?
Ce soir sur France 2, elle assure être toujours aussi déterminée en reconnaissant que l'accord ne lui plaît guère.
Tu m'étonnes!
Cela veut donc dire qu'il faut se laisser violer par le pouvoir de l'argent pour espérer un jour d'avoir la chance de défendre dignement ses idées... quelle horreur!
Ce n'est plus le jeu démocratique mais bien le jeu -démocrafric- qui prévaut.... c'est lamentable!
En fait : tu veux survivre et avoir des circonscriptions alors tu fermes ta bouche et avant même que la présidentielle ne soit commencée tu appelles à voter Hollande!!!
C'est juste pitoyable!

Centale de Fessenheim datant de 1977.
Pour continuer sur le nucléaire (et dans le pitoyable), Mediapart ajoutait à cette souffrance en publiant une enquête sur la sûreté nucléaire où l'on y apprend -bien évidemment- que nos centrales ne sont pas aussi sûres qu'on nous le dit et loin de là même.
Pas vraiment une surprise pour moi qui parlais déjà il y a quelques semaines de la mise en danger de nos centrales en cas de catastrophe naturelle (http://healeyleblog.blogspot.com/2011/09/la-foutaise-de-la-voiture-electrique.html )
Hé oui! même pas la peine d'imaginer un scénario catastrophe à la Fukushima (d'ailleurs les pro-nucléaires ont joué sur l'improbabilité du scénario de Fukushima ... pourtant réalisé) et nullement besoin d'aller jusque sur l'hypothèse d'un séisme de grande ampleur.
Il suffirait d'une sécheresse marquée et durable pour venir à bout de notre parc nucléaire!
En effet, avec une baisse trop importante des cours d'eau bordant nos centrales elles ne seraient plus suffisamment refroidies et devraient donc faire copieusement baisser leur production voir la stopper sous peine d'accident nucléaire grave.
Nous n'étions déjà pas très loin de la baisse de régime forcée au printemps dernier et comme le niveau des nappes phréatiques est resté depuis assez bas il nous faut prier pour un hiver assez pluvieux.
Sinon, à la première sécheresse sérieuse il faudra que notre électricité nucléaire mette un genoux à terre.
Remarquez qu'ainsi tout le monde comprendrait bien notre vulnérabilité.
Sécheresse = obligation de baisse de production = prise de conscience!
On trouverait bien le moyen de nous dire que la situation serait exceptionnelle et ne se reproduirait sûrement jamais et  tout le tas de "blha blha" qui va avec.
Enfin tout et n'importe quoi pour continuer à faire du fric au risque de nous filer un troisième oeil au milieu de notre front ... radioactif!
Pour l'instant le pire est qu'il nous faut déjà digérer qu'on est très probablement parti pour voir cette poubelle radioactive d'EPR engloutir des milliards supplémentaires et nous faire signer (à nos dépends) un nouveau bail de 50 années de déchets radioactifs de merde à enfouir sous terre.
Quelle divagation!