jeudi 10 novembre 2011

Occupy Wall Street... oui!

Alors ça y est enfin et même les petits enfants de l'oncle Sam s'y mettent!
Il faut vraiment y voir un signe pour qu'au pays de l'ultra libéralisme des gens campent devant la cathédrale financière qu'est Wall Street.
C'était même pratiquement inconcevable il y a peu et qui aurait pu croire à une chose pareille?
Encore plus incroyable... ils sont soutenus et là on se dit que c'est de l'ordre du miracle!
Le mouvement prend de l'ampleur et se paye même le luxe de s'étendre, c'est incroyable!
On ne doute pas qu'une bonne partie de la population américaine doit encore les considérer comme les pires des "rouges" et qu'ils rêveraient de rouvrir la bonne vieille chasse aux sorcières de l'époque du Macartisme.
Pourtant, les 'indignés' américains sont encore en place et ne semblent pas avoir fait l'objet de mauvais traitements policiers ou de groupes d'individus qui auraient souhaités les déloger par la force.
Au contraire de cela, on apprend qu'ils reçoivent des dons d'un peu partout dans le pays et de plus en plus nombreux.
Au delà même de leurs propres espérances disent-ils.
Pour le coup, on a bien le sentiment qu'est en train de s'opérer un véritable tournant dans ce pays.
Il faut dire que les américains ont déjà enduré pratiquement tout ce que le néo libéralisme est capable de produire.
Des services publics que l'on  tente de réduire toujours plus et qui sont du coup de piètre qualité en passant par des transports publics vieillissants sans parler des prestations sociales anecdotiques avec lesquelles beaucoup tentent de vivre ... ou de survivre.
Après la crise des 'subprimes' de 2008 il y avait un total de 31.6 millions de gens qui recevaient les bons alimentaires soit 10.3% de la population.
Ce chiffre n'a cessé de grandir comme on peut le constater sur ce graphique:


On en est à un peu plus de 44 millions soit 14.3 % de la population.
Le taux de chômage a dépassé les 9% et doit être, je suppose, aussi peu réaliste que le notre.
Le taux de la FED est à zéro depuis un bon petit moment sans avoir réussi à faire se redresser la situation.
Malgré tout cela les USA osent encore nous montrer du doigt, nous, vilains européens avec nos dettes abyssales qui sont pourtant sans commune mesure avec la leur!
ils traînent une dette d'un peu plus de 14580 milliards de dollars!!!
Le lendemain du relèvement du plafond de la dette (le 2 août dernier) la dette avait même augmenté de 238 milliards en une seule et unique journée!
C'est vous dire combien ils étaient aux abois.
Un second relévement doit d'ailleurs être voté avant la fin de cette année.



Ors non seulement les américains ne se sont pas rebellés à tout cela durant des années et des années mais en plus ils avaient le triste privilège de posséder le plus grand nombre de milliardaires répertoriés sur la planète.
Non content de cela on leur a exhibé ces milliardaires à tous bouts de champs en glorifiant leur réussite presque toujours construite sur la misère de leur congénères ainsi que sur le creusement de leur dette.
Ces gens se sont joués des impôts depuis des décennies presque dispensés qu'ils en étaient!
Parce que de plus, il ne faut pas oublier que les USA sont le pays industrialisé qui possède le plus fort pourcentage de gens vivants sous le seuil de pauvreté.
C'est dans ce pays que l'on a poussé le plus au bout les idées néo libérales et où l'on a réussi à faire supporter aux pauvres leur condition de miséreux en leur faisant miroiter qu'à tout moment ils pourraient devenir le fameux 'self made man' plein aux as.
Cette fantastique propagande a non seulement parfaitement fonctionné durant plus de cinquante années mais s'est aussi très bien exportée un peu partout dans le monde.
A grands coups d'overdoses de télévision on a réussi à faire avaler au peuple qu'il fallait bien qu'il y ait une poignée d'hyper riches pour que la société puisse fonctionner et que sans cela il n'y avait point de salut.
On a tenté d'y anéantir toute velléité de réflexions critiques sur le sujet en abêtissant les masses à grands renforts d'émissions débiles et avilissantes!
Tout à plutôt bien fonctionné si on excepte les artistes 'rebels' qui y résistent et qui trouvent tout de même quelques oreilles attentives pour les écouter s'offusquer de cette situation.
Et puis voilà que depuis quelques semaines se fait donc entendre cette contestation à ce système injuste et profondément inégalitaire.
Bien difficile de dire sur quoi ce mouvement va déboucher ni même combien de temps il tiendra encore mais surtout sur quoi il va aboutir au final?
Ce mouvement prendra-t-il suffisamment d'ampleur pour pouvoir faire réellement pression sur les grands requins de la finance de Wall Street?
Pour l'instant, ces derniers doivent surtout regarder cela avec une bonne dose de dédain et d'ironie.
Mais pour autant que je sache les grands fleuves naissent de petits ruisseaux et ils feraient peut-être bien de commencer à s'interroger sur l'engouement et le soutien que ce mouvement suscite chez une part croissante d'américains.
Il semblerait que cette génération naissante comprenne bien qu'elle ne fait pas trop partie du plan de carrière de ces grands financiers et que leur avenir se dessine donc dans les cendres d'une doctrine sans autres issues possibles que celle de la faillite généralisée.
Souhaitons de tout coeur qu'ils arrivent à faire vaciller cette petite mais ultra puissante oligarchie financière.
Reprenons de bon coeur leur slogan:

" Ce que nous avons tous en commun, c'est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1 % restant."