jeudi 3 novembre 2011

Une vilaine métastase.

Dès l'ouverture de mon blog et comme premier article je m'étais interrogé sur la crise Grecque telle qu'on nous la présentait et surtout nous la vendait.
Non seulement je n'ai pas changé d'avis mais ai même le sentiment que ce que je décrivais il y a presque trois mois ne fait que se matérialiser jour après jour.
Je persiste et je signe à dire que ce n'est pas la Grèce qui contamine le reste de la zone euro mais toute la zone qui est malade depuis plus de trente années.
Les métastases grecques ne sont qu'un des symptômes du cancer généralisé de type néo-libéral dans son ensemble.
La stigmatisation de la Grèce n'a toujours eu pour seul but que de dissimuler le cancer dont souffre tout ce système.
En faisant croire que le mal n'était  localisé qu'en un seul point on a tenté de rassurer les peuples de tous les autres états afin de leur cacher la vérité.
Bien trop cruelle vérité que celle qui dit que c'est le modèle capitalo-libéral tout entier qui est en train de s'effondrer comme un château de cartes.
Des gens comme monsieur Minc (que l'on continue d'inviter sur tous les plateaux de tv alors qu'il ne fait que se tromper) nous assurent très régulièrement que ce système est le seul viable et le meilleur.
Selon lui, il faut juste que les banquiers et les acteurs de la finance reprennent raison!
Mais, mon bon monsieur, le système que vous défendez à cors et à cris depuis des années est tout justement construit sur la déraison de la finance dématérialisée!
En conséquence, pour que vous ayez raison, il faudrait ni plus moins que le modèle que vous chérissez tant disparaisse.
Les marchés financiers ont inventé tout un tas d'outils pour pouvoir spéculer toujours plus y compris sur des sommes qu'ils ne possèdent pas en fonds propres.
Les effets de leviers qui multiplient les bénéfices peuvent aussi s'avérer être une source de pertes abyssales comme déjà vu en 2008.
Rien ne semble pouvoir pourtant les faire renoncer à en abuser encore et encore.
Mais comme le disait Marx "les capitalistes vous vendront la corde pour les pendre" car ils sont prêts à tout pour pousser leur logique jusqu'au bout et jusqu'à sa propre mort.
C'est ainsi qu'une banque américaine et un cabinet de conseil américain ont fait entrer la Grèce en Europe.
Ils ont falsifié les comptes afin de les rendre présentables et compatibles avec les critères européens sans se soucier nullement des conséquences que cela pourraient produire.
Il y avait de l'argent à se faire et personne n'y voyait à redire.
Ce qui est fou, c'est que l'ancien vice président de cette banque américaine vient de devenir le président de la BCE!!
Ça en dit long sur ce qui nous attend!
Ironie du sort, on dirait qu'ils se sont chargés de transformer la Grèce en cheval de Troie!
Quoiqu'il en soit, si la Grèce était bien malade de tous ces fraudeurs au fisc et autres charges cela profitait essentiellement aux plus riches!
La Grèce  a fait peut être avancer un processus qui de toute façon était inéluctable mais même sans cela les problèmes de surendettement n'auraient pas manqué de surgir.
L'Irlande en paradis sans impôts, l'Espagne et sa bulle immobilière, l'Italie, le Portugal, la France et leurs dettes abyssales.
Et puis l'Allemagne que tous prennent en exemple mais qui a aussi de la dette et qui a comprimé les salaires au maximum pour rester compétitive ... est-elle si exemplaire que cela?
Nous n'avons fonctionné depuis des années que sur deux piliers:
1.l'endettement grandissant année après année.
2.le maintient de la pauvreté ailleurs dans le monde.
Ces façons de faire trouvent aujourd'hui leurs limites et l'heure des comptes sonne à nos portes.
Il ne faudra plus attendre bien longtemps avant que la dure réalité ne nous rattrape tous sans exceptions.
Les USA, l'Angleterre, l'Allemagne ou même la France ne manqueront pas d'accuser les petits pays du sud d'être tombés malades des virus que nous aurons crées.
Tout s'accélère depuis quelques jours où l'on a le sentiment que nos dirigeants ne savent plus eux mêmes quoi dire et quoi faire pour contenter leurs amis de la finance qui les tiennent par le bout du portefeuille corrompu!
Monsieur Papandréou dit tout et son contraire sous les diverses pressions intérieures et extérieures à son propre pays laissant tout le mode dans l'expectative.
Qu'est ce que les grecques doivent penser de tout cela en étant baladés comme des pions sur un échiquier?
Il est sans doute bon de prendre un peu de recul car la folie actuelle s'emballe et rend tout, et surtout n'importe quoi, possible.
"Gouverner c'est prévoir" mais en ce moment pas plus loin que 24 à 48 heures apparemment!
Wait and see!