lundi 19 décembre 2011

Jesus marche sur l'eau.

Pour ceux qui me suivent et me lisent depuis le début de la courte aventure de ce site, je tiens à faire une précision de première importance avant que d'aborder ce nouveau sujet.
Je ne suis membre d'aucun parti politique pas plus que je ne revendique de religion en particulier.
Ma seule ligne de conduite reste de continuer à apprendre à être libre.
Je tente ainsi de me séparer de toutes chaînes sociales, morales, politiques ou religieuses.
J'aime trop apprendre de tous et de tout pour aller m'enfermer dans un carcan tout autant que j'apprécie de pouvoir me remettre en cause et partager mes expériences ou mes réflexions avec vous tous. Ceci étant dit, je souhaiterai donc aborder un sujet cher à la chrétienté tout en conservant un regard assez personnel et le plus détaché que possible de toute forme de dogme.

La symbolique de l'eau:
Dans l'ancien testament - tout comme dans le nouveau d'ailleurs - la symbolique de l'eau y est très forte. On pense (à tort) qu'elle ne représente que la vie et uniquement la vie.
C'est pourquoi je voudrais ici prendre trois exemples tirés de la Bible et démontrant combien l'eau en mouvement est souvent un signe de mort.
Chronologiquement nous commencerons donc avec Moïse.
Voilà un personnage qui a côtoyé les eaux depuis sa plus tendre enfance puisqu'il est appelé le "sauvé des eaux". Initialement voué à mourir, c'est en voguant sur les flots d'une rivière et dans un simple panier qu'il échappa à la mort.
Il retrouvera les grandes eaux en provoquant l'ouverture de la mer rouge s'écartant devant lui et sauvant ainsi le peuple juif du joug pharaonique.
Passage qui signe un épisode extrêmement important et pour le moins fondateur pour l'ensemble du peuple juif.
Aucune difficulté ici à voir la symbolique d'eau synonyme de mort  puisque celles-ci se referment sur Pharaon et son armée sitôt le passage de Moïse et des siens achevé alors qu'ils étaient tous voués à périr sans ce miracle.
Là on peut voir sans équivoque possible que l'eau est bien synonyme de mort.



Le second exemple est déjà moins évident et ravira ceux qui ont fait baptiser leurs enfants plutôt par tradition et sans connaître toutes les significations du baptême.
Parlons donc de Jean-Baptiste (son grand instigateur) qui accueillait sur les bords du Jourdain tous ceux qui venaient à lui. Mais qu'y faisait-il exactement ?
En premier lieu, il est dit qu'il y vivait en ermite, dans le dénuement tout en se nourrissant principalement d'insectes.
En second lieu, que finissant par jouir d'une très grande réputation d'homme de bien, il y recevait tous ceux qui venaient se confesser à lui.
De nombreuses personnes voyageaient alors jusqu'à Jean-Baptiste pour prendre conseil et réfléchir sur le sens de la vie. C'est à cette occasion qu'il pratiquait sur eux le baptême.
Se rendaient donc à lui des personnes "mortes" à leur foi, à leur religion, à leurs devoirs ou à leurs rites afin de tenter de recouvrer leur volonté tout autant que leurs capacités.
Ainsi Jean le Baptiste invitait ses hôtes à le suivre dans les eaux du Jourdain et les y immergeait en totalité jusqu'à leur mettre la tête sous l'eau. Là se trouvait la forte symbolique.
L'homme "mort" à lui même achevait dès lors complètement le mauvais cycle dans lequel il s'était mis en "tuant" l'homme ancien qui se trouvait encore en lui jusqu'à sa venue au près du saint homme.
Plongé entièrement sous les eaux de la mort en ressortait donc un être nouveau.
Une espèce de remise à zéro des compteurs, un nouveau départ, une peau neuve en quelque sorte.
Une façon aussi de matérialiser une profonde et sincère envie de se changer en profondeur... de renaître à soi.
Jean-Baptiste faisait tout simplement mourir en eux l'homme ancien qu'ils ne voulaient plus être.
Cela rappel assurément le dernier conseil "va et ne pêche plus" dont Jésus exhortait ceux qui étaient venus le trouver afin d'être complètement guéris.
Jésus vint aussi jusqu'au Baptiste et lui demanda même de pratiquer sur lui le fameux rite... Faut-il y voir le coup de départ de son propre ministère ?


Et là vient donc notre troisième et dernier exemple.
Au soir d'une longue journée à avoir sillonné les campagnes accompagné par ses disciples, le Christ leur demanda de prendre une barque pour rejoindre l'autre rive et qu'il les y rejoindrait plus tard.
Lui, de son coté, s'en allait prier Dieu sur la montagne.
Assuré -mais sans doute pas rassuré- par la confirmation du sort qui serait le sien et qui l'attendait irrémédiablement. C'est tout auréolé de gloire et en marchant sur les eaux qu'il rejoint ses disciples.
Accomplissant ce miracle, il ne faisait  que révéler à ses disciples le destin qui lui était inéluctable.
Jésus va souffrir... Jésus va mourir mais plus que tout, Jésus marche au dessus des eaux de la mort et donc : Jésus ressuscitera !
C'est en rendant possible ce miracle qu'il leur annonce qu'il va vaincre la mort en marchant sur elle d'un pied léger et gracieux.
En tant qu'Homme , il connaîtra lui aussi la souffrance physique qui peut atteindre chacun d'entre nous mais il nous promet aussi, ici, que la mort ne doit pas être vue comme un anéantissement.
Allégorie ou réalité ?
Renvoyons chacun à ses propres croyances et à ses convictions quant à la possibilité d'un tel miracle.
Bien sûr, j'ai ma propre idée sur ce miracle mais il ne me parait pourtant pas si utile de vous l'exposer et je vais vous dire pourquoi.
Tout ce qui touche à la foi peut-être dit et partagé mais surtout pas imposé comme une vérité indiscutable car c'est ici que naissent les fanatismes, les dogmes et surtout que meurt tout possible amour de Dieu.
Créés libres de tout, il nous faut respecter cet état de fait en acceptant aussi bien les croyances de certains que l'athéisme d'autres. La seule règle impérative à toute croyance restant le respect de l'intégrité physique, tout autant que morale, d'Autrui.
En fait, pour le reste peu importe que vous y voyiez une allégorie ou une vérité car le plus important  est ailleurs. Tentons plutôt de découvrir l'infini force des enseignements qui sont déposés dans toutes les formes de spiritualités.
Restons alertes à toutes les possibilités qui nous sont offertes afin de nous rendre meilleur à chaque jour. Voilà l'essentiel et le primordial !
Lorsque l'on devient son propre chasseur de mauvaises intentions, on se rend vite compte qu'il y a sans cesse quelque chose à améliorer en soi avant que de le réprimander chez l'autre.
Dès lors, être à l'affût de ses propres travers se fait à plein temps et surtout par tous les temps.
De l'anticyclonique félicité à la dépressionnaire déprime !
C'est probablement à cette fin que Jean-Baptiste immergeait ses hôtes ... Celle d'ouvrir en eux la fenêtre de la joie résurrective toute tournée au perfectionnement de soi.

YS