mardi 17 janvier 2012

De nos héros fondateurs.

N'avez vous jamais fait bien attention à ce que furent les héros fondateurs de nos sociétés et combien cela devient troublant lorsque l'on y regarde de plus près?
Commençons par celui qui a eu le plus d'influence sur notre civilisation: Jésus.
On ne lui connaît officiellement aucune femme, encore moins d'enfants et pas plus de demeure fixe que de travail mais seulement une vie d'itinérances dans le dénuement qui plus est!
Et de l'étonnant n'y en a-t-il pas encore plus ici?
"Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler.
A celui qui l'en informait Jésus répondit: "Qui est ma mère et qui sont mes frères?"
Et tendant sa main vers ses disciples, il dit:
"Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère."
(Matthieu 12, 46-49)
Cet homme, pilier fondateur de la morale de notre société, ne se connaît plus ni mère, ni frères et soeurs en leur préférant ceux qui le suivent dans son existence d'ermite et qui accomplissent les paroles de son Père.
N'est-on pas très très loin des standards de notre code familial ou moral?
Que dire de cet autre pilier de notre philosophie à l'occidentale qui bien qu'étant marié et ayant deux fils passait le plus clair de ses journées dans les rues et sur l'agora d'Athènes à y enseigner les foules?
Ce Socrate qui lui aussi sembla vivre des plus chichement et sans même avoir chaussures aux pieds!
Quelle étrange vie de famille que celle-là, non?
Il y eut aussi Siddharta, ce prince indien, qui abandonna royaume, femme et enfant pour finalement devenir le Bouddha.
Encore un ermite itinérant de plus et de surcroît adepte du jeûne tout autant que de la vie la plus contemplative que possible!
Et ce sont ces héros abandonnant tout qui nous servent de guides!
L'un ne veut plus connaître ses liens sanguins et s'interroge sur la reconnaissance de sa propre mère, l'autre délaisse sa femme et ses enfants afin de philosopher gratuitement dans sa cité quant au dernier il disparaît dans les campagnes indiennes en renonçant purement et simplement à sa femme, son enfant et ses richesses!
Comme il est singulier de voir tout cela!
Ces grands hommes et ses saints sont à mille lieues de toutes les normes et les lois de nos sociétés qu'ils ont pourtant tant et tant influencées.
Que diriez-vous donc d'un homme qui se comporterait ainsi dans votre propre entourage aujourd'hui?
Ne le jugeriez-vous pas au mieux comme un fou irresponsable et inconscient?
Pourtant, au lieu de cela ils sont admirés et peuvent même faire l'objet de culte!
Étrange tout de même!
Comment expliquer qu'ils puissent être nos plus belles références morales?
Je crois qu'ils le sont parce qu'ils ont aiguisé la morale jusqu'à la rendre tranchante comme la lame d'un rasoir.
La funembulité de leurs comportements cisèle et coupe net dans la commune morale qui est la nôtre.
C'est donc assez logiquement que de leur "folle" éthique a tenté de découler notre propre morale.
Critiqués, raillés, moqués et jusqu'à assassinés (sauf pour Bouddha) ils ont fini par devenir -mais une fois bien morts- des saints!
C'est en transcendant nos normes, nos codes et nos lois qu'ils ont construit leur éthique.
Bien au-delà de nos concepts de parentés ils ne reconnaissent même plus père, mère, femme et enfants tout consacrés qu'ils étaient à l'Humain dans son ensemble, sa plénitude et surtout sans aucune distinction.
Pas plus de riches que de pauvres...
Plus de puissants, plus de faibles...
Plus de blancs, plus de noirs...
Mais encore et toujours plus d'Humain au-delà de tout.
Il nous faudra donc apprendre à re-lire les récits faits sur eux avec un éclairage d'esprit différent et sous un
angle de lumière nouveau afin d'y découvrir de plus fortes révélations!


 





Aucun des trois n'a jamais rien écrit!!