jeudi 5 janvier 2012

Tibet libre...mais quand?



Ne doutez pas combien les valeurs défendues par le Dalaï Lama me sont chères et il nous faut donc encore et toujours défendre la cause du peuple tibétain!
Il nous faut aussi prendre parti pour ce peuple pacifiste et qui ne possédait pas vraiment d'armée lors de son invasion par la Chine le 7 octobre 1950.
Quelques 8500 Tibétains avaient pourtant décidé de se battre mais bien entendu cela fut anecdotique pour une puissance telle que la Chine!
Seul le Salvador demanda à l'ONU d'intervenir!
L'Inde s'indigna aussi en déclarant par l'intermédiaire de son Premier ministre adjoint ceci :
"Utiliser l’épée contre le peuple tibétain traditionnellement pacifique est injustifié.
Aucun autre pays au monde n’est aussi attaché à la paix que le Tibet.
Le gouvernement chinois n’a pas suivi l’avis de l’Inde de régler pacifiquement cette affaire. "
Rajendra Prasad, président de l’Inde, déclara aussi devant l’assemblée nationale indienne :
" L’Inde doit nécessairement être concernée par ce qui se passe au Tibet, dans l’espoir que l’autonomie de ce pays pacifique soit sauvegardée. "
Si ce pays ne possédait pas de réelle puissance militaire organisée et bien armée c'était par choix délibéré.
Proie bien facile que celle-là en vérité!
Pourquoi ne possédait-il pas une armée digne de ce nom me demanderez-vous?
Tout simplement parce qu'au huitième siècle le grand maître mystique Padmasambhava y amena le bouddhisme.
Ce sage d'origine indienne y écrivit le très fameux livre dit "livre des morts tibétain" qu'il cacha en plusieurs parties dans différents endroits du Tibet avec sa femme.

Statue de Padmasambhava
Il était assuré du fait que ses manuscrits seraient découverts en temps voulu pour re-former un tout qui serait enseigné.
C'est, en effet, chose faite et ce livre est disponible à la vente depuis quelques années dans toute bonne librairie.
Il contient un enseignement assez ardu pour nous autres occidentaux mais dont la portée est absolument considérable.
Le Tibet de cette époque était officiellement de religion "Bön" mais devint donc progressivement bouddhiste depuis l'arrivée de Padmasambhava.
Précisons bien que le bouddhisme n'est en aucun cas une religion car sans dogmes, sans dieu et il est donc une "simple" philosophie de vie par excellence.
Cette nation adopta alors si bien la voie du Bouddha qu'un quart de sa population vivait dès lors en monastère.
Devenus pacifistes ils ne firent pas beaucoup de résistance à l'envahisseur chinois.
La région de Lhassa tenta bien de se rebeller face à la dictature chinoise mais fut très sévèrement réprimée et leur chef spirituel, le Dalaï Lama, fut contraint à l'exil en 1959 vers l'Inde afin de ne pas tomber entre les mains de la tyrannie chinoise.
S'exiler permettrait de porter la voie de son peuple à travers le monde.
Une parole de paix et d'amour du prochain.
Il ne fut donc vraiment pas difficile à la Chine d'occuper autant que de matter le petit peuple tibétain.
Dans les années qui suivirent le plus gros de leurs monastères furent purement et simplement détruits ainsi que la plus grande statue de Padmasambhava au monastère de Samyé.
La culture qui est la leur est maintenant proscrite, leur drapeau interdit et l'empire chinois fait en sorte depuis de nombreuses années d'y faire venir des vagues migratoires afin de "diluer" les Tibétains restants dans la foule chinoise.
Le but est extrêmement simple : éradiquer la culture tibétaine.
Cette fantastique philosophie est par conséquent en train d'être assassinée par une dictature froide, sanguinaire et aveugle.
Personne pour venir en aide à ces gens qui avaient décidé depuis si longtemps de ne plus guerroyer!
À ce titre, voilà bien une nation qu'il eut fallu défendre à tout prix!
Ne rêvons donc pas tout debout car le Tibet libre tient plus de l'ordre du fantasme qu'autre chose.
La dictature chinoise étouffe et fait disparaître à petit feu la merveilleuse singularité de ce pays.
Bien maigre lot de consolation que celui d'un Dalaï Lama libre de ses gestes et de ses paroles depuis l'Inde qui l'a accueillit.
Quelques maîtres spirituels tibétains lui avaient emboîté le pas en fuyant par les montagnes himalayennes afin de venir s'installer au Népal voisin.
C'est de là que tente de se perpétuer la tradition bouddhiste tibétaine au sein de quelques monastères haut perchés. (J'ai enfin pu me rendre dans ces lieux hors du commun et vous invite à suivre cette aventure ici: http://nepalsolo.blogspot.fr/
C'est aussi cette même chaîne himalayenne qui fait que la Chine ne cédera jamais un pouce du terrain Tibétain.
Ce massif montagneux (comportant les plus hauts sommets du monde) regorge de métaux précieux qui nous servent à tous dans la fabrication des composants électroniques.
Comme si cela n'avait pas suffi il y a aussi à prendre en compte qu'avec le réchauffement climatique les ressources en eau, de surcroît descendantes de ces incroyables sommets, sont de très bonne qualité.
Ressources qui seront donc de plus en plus rares tout autant que convoitées!
A voir aussi que ces montagnes possèdent les plus grands glaciers du monde et donc autant de réserves d'eau que les Chinois ne voudront sûrement lâcher sous aucun prétexte.
L'eau potable sera très probablement un des enjeux majeurs de ce 21ème siècle commençant!
Soit dit en passant, ces glaciers perdent de leur ampleur chaque année et auraient déjà vu disparaître vingt pourcents de leur masse sous l'effet des remontées de températures.
Les enjeux sont tels que nous pouvons malheureusement dire "au revoir" à la culture tibétaine mais surtout à ceux qui la composent qui seront sacrifiés sur l'autel de notre consumérisme quotidien.
Ce Tibet (tout comme ses glaciers) s'évapore lentement mais sûrement dans l'indifférence quasi générale ... symbole de cette folie ordinaire qui n'en finit pas de tous nous grignoter petit à petit.
Seul espoir restant : que le peuple chinois finisse par se soulever contre "sa" dictature!

Ps: le successeur du Dalaï Lama a déjà été "soigneusement" choisi par la dictature chinoise elle-même afin de ne pas laisser se perpétuer sa succession par réincarnation car le Dalaï Lama est considéré comme l'émanation de Avalokitesvara (À l'origine le nom de ce bodhisattva était Avalokita- (observateur, «percepteur») -svara (son) ce qui désigne le rôle d'émissaire qu'il remplit auprès des Bouddhas.)
Un éclaireur de la pensée bouddhiste en quelque sorte.
Définition ici pour ceux qui veulent aller plus loin: bodhisattva.

Le drapeau tibetain est interdit au Tibet!!