vendredi 4 octobre 2013

Comment ( je ) médite.

. La belle solitude.


J'invite en premier lieu celles et ceux qui sont arrivés jusqu'ici à commencer par lire un de mes précédents articles concernant le même sujet et qui servira de préambule à celui-ci ici : http://healeyleblog.blogspot.fr/2012/02/comment-prier.html

Ce présent article en est le prolongement pur et simple.

Généralement, parler de méditation fait arriver à des conclusions assez proches les unes des autres où viennent se mêler des constats de grandes difficultés, d’échecs ou même d'abandons.
On entend souvent les mêmes réflexions et c'est trop souvent le découragement qui a pris le dessus alors on finit par se dire que c'est quelque chose d'impossible ou de réservé à une poignée de gens suffisamment éclairés.
C'est la première erreur!
Ce qui est intéressant c'est que tous ceux qui se sont essayés à la méditation semblent être passés par les mêmes pérégrinations.
En premier lieu on se demande comment procéder car cette pratique nous semble à tous assez étrangère.
Il faut avouer que nous avons de réelles circonstances atténuantes car vers chez nous autres Occidentaux on ne peut pas dire que l'on nous pousse dans cette voie ... bien au contraire d'ailleurs.
Alors très vite on se perd dans le "comment pratiquer la méditation, dans quel but, pour quel résultat?"
Çà se brouille, se complique et on s'y perd.
Pourtant méditer est à la portée de TOUS puisque c'est une capacité intrinsèque à notre nature profonde.
Lorsque l'on est encore jeune enfant on ne s’interroge pas sur le fait de savoir quand et comment va venir la conscience de soi et pourtant cela se fait tout seul en provoquant cet étrange décollement de notre être au reste de la création tout entière.
C'était simplement quelque chose de présent intrinsèquement et qui ne demandait finalement qu'à passer de l'ordre de la puissance à celui de l'acte.
L'introspection "retour" qu'est la méditation procède un peu de la même façon  et  est de la même teneur.
C'est là, en chacun de nous, obligatoirement, nécessairement, et ne demande qu'à se (re)mettre en marche.
A titre personnel c'est en apprenant à prier que j'appris, comme naturellement, à méditer.
Les deux semblaient d'ailleurs totalement imbriqués.
Pendant bien trop longtemps prier ne fut qu'une trop simple récitation de mots trop bien appris par cœur et indéfiniment répétés.
Fort heureusement pour moi cela changea grâce à une magnifique rencontre et se devait ainsi de déboucher sur tout autre chose.
Ma prière allait progressivement s'enrichir de pratiques nouvelles comme celle de me focaliser sur ma respiration.
J'étais alors en train, sans même m'en rendre compte, d'apprendre les prémisses de la  méditation!
Allongé à même le sol j’apprenais à porter toute mon attention sur mes seules inspirations et expirations.
Ce qui fit que j'allais y découvrir la méditation était tout justement le fait que je ne cherchais rien de précis, ni comment ni pourquoi y arriver.
C'était justement cela qui allait permettre une belle et franche avancée... c'était sans rechercher de but à cette pratique que j'y tendais le mieux !!
Cela parait étrange et pourtant !
Je me contentais donc de porter toute mon attention sur le soulèvement produit par mon inspiration et par l’effondrement de mon expiration.
Sans pouvoir l'expliquer je donnais plus d'importance à la seconde qu'à la première car dans l'expiration je laissais tout le poids de mon corps s'enfoncer dans le sol vers l'attraction naturelle de la terre.
Le fameux "lâcher prise" je suppose.
En tout cas : une forme de très salutaire abandon. 
C'est ainsi que j'appris progressivement à y laisser toute ma pesanteur corporelle.
Chaque inspiration ne servait que mieux à tout relâcher ensuite dans l'expiration.
Sentir ce corps comme s'enfoncer dans le sol en permettait l'oubli progressif et continu jusqu'à un effet d'élévation et surtout à mettre aussi de côté les pensées perturbatrices.
Une des exaspérations des débutants à la méditation est justement cette incapacité à ne pas avoir de pensées parasitaires qui semblent indéfiniment assaillir l'esprit.
Il parait alors impossible d'obtenir le calme serein au sein de l'esprit.
En découle généralement un très grand découragement voire même l'abandon pur et simple tout persuadé que l'on devient d'être  incapable de méditer.( je suis évidemment passé par là )
"Ce n'est pas pour moi, c'est trop dur."
Seconde erreur!
Si l'arrivée dans l'enfance de la conscience de soi avait permis d'identifier un "moi" par rapport au Tout alors la méditation pourrait permettre de décoller son esprit du "moi" afin de ré-apprendre le Tout.
Progressivement  et continuellement  observer ses pensées comme de simples constructions mentales permet de s'en détacher et de se rendre compte combien la pureté lumineuse de l'esprit est une magnifique et sublime réalité.
La concentration sur la respiration est ainsi un moyen de mieux comprendre que nos pensées parasitaires ne sont pas ce qu'est la nature profonde de l'Esprit.
Les phases de pensées "perturbatrices" ne feront dès lors que mieux nous sauter aux yeux lorsqu'elles viendront investir  nos périodes de concentrations respiratoires.
C'est tout justement là que nous pourrons les observer pour ce qu'elles sont vraiment : des constructions mentales !
Alors nous pourrons les regarder comme de simples manifestations qui ne sont pas notre lumineuse nature profonde.
Accepter de laisser venir ces pensées sans les rejeter, les fuir, les haïr ou nous faire nous sentir coupable de ne pas réussir à faire le vide devient une étape importante. ( Je sais combien cela peut-être difficile )
Il faut passer par cette acceptation et ne pas vouloir tout tout de suite comme nous y sommes tellement et trop habitués .
Pouvoir simplement observer ces pensées comme des barques passant sur le fleuve de notre vie serait le signe d'un progrès et pourrait même être très salutaire.
C'est la présence des ténèbres qui permet de voir la lumière au fond.
Comment pourrions-nous ouvrir la porte de la méditation et du calme de l'esprit en ayant des pensées négatives à notre propre sujet !?
Il est important de ne jamais perdre de vue que nous possédons exactement la même nature lumineuse que les plus grands saints que la terre ait portée.
C'est vraiment très encourageant non?
S'il vous est difficile de vous concentrer sur votre respiration alors n'hésitez pas à poser vos mains sur votre ventre afin de mieux sentir se faire et se défaire vos inspirations et vos expirations.
Vous pouvez aussi très bien avoir  comme seule pensée à l'expiration que celle de laisser sortir toute la négativité que vous ressentez en vous et ainsi vous en alléger à chaque profonde expiration.
Inspirez la bonté du Tout et expirez donc votre ego. ( Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres )
Il n'y a pas de technique absolue et universellement efficace mais des pistes à suivre, à vivre en direct et surtout par soi-même... expérimentez-les donc!
Rien ne vous empêchera de vous rapprocher des techniques des maîtres au fur et à mesure de vos propres progrès .
Il faut laisser pousser ses dents avant que de vouloir mâcher des caramels ;)

Ne perdez pas de vue que l'ensemble de nos actions et de nos pensées passées ( karma ) fait que nous sommes tous un peu différents face à cet apprentissage et qu'on peut avoir besoin de sa petite touche personnelle pour mieux réussir.

Voilà donc qu'elles furent mes premiers pas vers l'incomparable expérience méditative.

Bonne méditation à toutes et tous.

Que tous les êtres puissent connaitre la paix et l'amour en ce monde.